En tant que parent, nous voulons être écouté de façon intelligente et volontaire, pas de manière soumise.
Nous sommes écouté par notre entourage : proches, amis, collègues, … Il est normal de vouloir l’être aussi dans notre famille. Et pourtant, ce n’est pas si simple.
Pourquoi ?
D’abord parce que notre enfant doit apprendre beaucoup de choses en peu de temps (18 ans) dans la famille avant de partir construire sa vie d’adulte : les règles de base de la vie en société, la gestion de ses émotions, le respect de lui-même et des autres, l’acquisition des valeurs, l’autonomie, etc.
Ensuite parce que nous avons l’expérience et le recul qu’il n’a pas. À cela, vient se rajouter le stress de notre quotidien : les tâches à faire, les imprévus et la fatigue.
Notre propre vie, personnelle et professionnelle, a un impact sur notre manière de réagir en famille. Nos enfants sont des éponges émotionnelles, ils réagissent à nos émotions et doivent apprendre à gérer les leurs. Quel véritable casse-tête pour eux !
Pour faciliter nos échanges, il existe une méthode en 4 étapes à utiliser sans modération et à adapter à notre histoire familiale.
- L’observation des faits : lorsque les émotions sont fortes, notre analyse de la situation est moins objective. Nous risquons de faire des erreurs d’interprétation car nous sommes face à des filtres de perception que nous ne voyons pas (cf. Comment fonctionne la communication) sauf grâce une aide extérieure. Avec un enfant, c’est pareil. Nous pouvons l’aider parce que nous avons une plus grande expérience des émotions tandis qu’il débute la phase d’apprentissage. En lui faisant dire avec des mots simples ce qui se passe, ou s’est passé, nous allons l’amener à se concentrer sur les faits, leurs conséquences puis leurs émotions.
- Un nom pour chaque émotion ressentie : la gamme des émotions est grande mais elle peut être rangée en plusieurs catégories que l’on peut ensuite différencier en fonction de l’intensité émotionnelle du moment. Nous éprouvons tous de la colère, de la peur, de la tristesse, de l’enthousiasme et de la joie, de la surprise ou du dégout. En raison de son cerveau immature, l’enfant va ressentir les émotions avec intensité. Notre rôle de parent est de l’accompagner dans le processus du ressenti et de l’identification. Parce que l’adulte aide à mettre un nom sur une émotion, l’enfant peut s’apaiser : ce qu’il vit est normal mais il doit apprendre à le gérer.
- L’identification d’un besoin en déséquilibre : nous avons trois types de besoins fondamentaux selon A. Maslow. L’enfant apprend à les identifier et à les classer par ordre d’importance en fonction de la réaction des adultes. Les réactions ne sont pas les mêmes selon que nous sommes face à un besoin d’ordre physiologique (faim, soif, sommeil, chaleur, …), psychologique (sécurité, appartenance, reconnaissance, …) ou spirituel (réalisation et estime de soi). L’enfant passe par trois étapes : l’identification, la hiérarchisation puis la satisfaction de son besoin en déséquilibre. Pour nous adulte, une fois que nous avons identifié ce besoin déséquilibré, nous pouvons formuler une demande ou un désaccord de façon à ce qu’ils soient reçus.
- La formulation d’une demande ou d’un désaccord : cela s’apprend. L’important ici est de bien montrer ce que vous ressentez par rapport à une action précise : il est en retard et cela vous a inquiété, par exemple. Parce que vous avez décrit la situation par les faits, pris la responsabilité de votre émotion en la nommant et que vous formulez ensuite votre demande, vous établissez un dialogue. Le second avantage est que vous permettez à votre enfant d’enrichir son vocabulaire en lui apprenant des nouveaux mots, des nuances et d’autres façons de s’exprimer.
Par ce temps d’écoute et de reformulation, vous aidez votre enfant à accepter ce moment difficile et à se sentir compris. Vous n’avez pas besoin de trouver une idée pour compenser ce moment, l’enfant le fait de lui-même.
Cela fonctionne aussi pour les moments de joie et de bonheur y compris pour les actions de la vie quotidienne.