La détermination, un gouvernail entre nos mains ?

Nous posons tous des actes.
Nous voulons tous recevoir les bénéfices de nos actions.
Mais choisissons-nous la bonne méthode ?
Sommes-nous formés pour ça ?

Nous avons le choix, tout le temps, dès que nous posons un acte ou prenons une décision. Nous pouvons choisir de suivre un but déterminé et le réaliser ou, au contraire, de ne pas savoir quoi faire, rester indécis et laisser les autres décider à notre place.

Le fait d’avoir une attitude déterminée et précise est un privilège que nous avons tous à la naissance. Nous le perdons de deux manière : par l’imitation de notre entourage et par le manque d’entrainement. Pour le garder, il faut trois éléments : une formation dès le plus jeune âge par nos parents, un auto-entrainement quotidien de la raison et de la volonté, la conscience que c’est un privilège et qu’on le perd par négligence.

Avoir un but déterminé nous apporte des avantages très intéressants dans la conduite de notre vie : d’abord dans le domaine des connaissances parce qu’il permet d’avoir un esprit constructif toujours en recherche de solutions et de constater le pouvoir créateur de notre pensée dans la résolution des problèmes. Ensuite, il nous aide à faire la différence entre une défaite temporaire dans la réalisation de notre projet et un échec définitif. La défaite momentanée, si elle est bien comprise, va nous amener à fournir des efforts supplémentaires pour trouver le plan efficace, plan qui sera vérifié par des résultats mesurables et observables.

Mais cela comporte aussi un double écueil dans lesquels on peut tomber. En manquant de prudence, nous pouvons renforcer notre égo et nourrir notre avidité de pouvoir. Cela se révèle d’une seule façon : le non-respect des autres, de leurs buts et de leur personne. Si nos actions agissent comme un bulldozer qui écrase et détruit tout, alors nous avons dérivé vers ces deux écueils. En sortir exige une prise de conscience et un vrai travail sur soi pour changer de méthode.

À l’inverse, une personne sans but, indéterminée, va subir les effets destructeurs de cette absence. Parce qu’elle n’a pas de but déterminé, elle va tout perdre. Son temps ne sera pas utilisé de façon constructive. Ses libertés de choix, de pensées et de décisions seront de plus en plus réduites puisque qu’elle va agir en réaction et non en planifiant son action. Elle va perdre le contrôle progressif de sa vie parce qu’elle sera de plus en plus guidée par ses émotions : la peur qui va l’amener à fuir ce qui lui déplait et l’amour déraisonnable des choses qui l’attirent : les jeux, les loisirs, les mondanités, l’alcool, etc.

Si un individu trouve ce qui lui fait le plus peur et ce qu’elle aime le plus, il en fera son jouet. Il la manipulera pour obtenir tout ce qu’il veut de sa proie jusqu’à l’annihilation de sa volonté, de sa raison et de ses capacités d’action.

Ce manque d’attention va avoir plusieurs effets : l’imprécision dans la planification, des égarements vers des voies improductives, la possibilité d’être manipulable par des « pots-de-vin » de diverses natures, du plus honnête au plus malhonnête, l’indétermination dans la conduite de sa vie personnelle et professionnelle.

Mais l’inconvénient majeur est la procrastination (atermoiement ou report du passage à l’action) et l’hésitation récurrente. Ces deux états d’esprit sont une calamité pour nous, notre entourage et la société, parce qu’il y aura toujours une bonne excuse pour justifier nos échecs : « Ce n’est pas de ma faute ! » La prise de décision ou son absence n’est pas assumée, ni ses conséquences.

Pour savoir de quel côté nous sommes, il faut regarder les aboutissements de nos projets. On reconnait l’arbre à ses fruits : on fait la différence entre une personne constructive et une personne destructrice ou indéterminée par ses décisions (ou leur absence) et les résultats de ses actions.

Deux éléments permettent d’évaluer ces fruits : le temps à court, moyen et long terme ainsi que les motifs qui poussent à l’action.

Le temps est l’ennemi de l’immoralité et de l’injustice mais il est l’ami de la justice et de la moralité. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous récoltons ce que nous semons. Si nos graines sont perverses et destructrices pour nous et notre entourage, nous allons en récolter des fruits désagréables et décevants. Au contraire, si nos graines sont constructrices et justes, nous en récolterons aussi le fruit, même si cela prend plus de temps, et il sera d’autant plus savoureux qu’il sera mérité.

Ce sont les motifs de nos actions qui vont décider de la qualité du résultat. Si les motifs sont immoraux, nous aurons certes des gains rapides mais temporaires et la chute risque d’être douloureuse : nous subirons des peines à la hauteur des exactions commises. Si nos motifs sont moraux et justes, nous en serons toujours récompensés même si le gain se fait attendre ou n’est pas celui qu’on pensait.

Notre esprit doit être éduqué pour donner ses fruits. Il lui faut un apprentissage et un entrainement quotidien constant afin de garder les bénéfices de son privilège : décider pour réaliser un but déterminé.

L’apprentissage commence très tôt, dans la période de la petite enfance. Il est crucial jusqu’à 6 ans et de poursuit jusqu’à 30 ans environ, âge de la maturité complète du cerveau. L’enfant se construit en imitant son entourage et en s’intégrant dans un environnement grâce à ses neurones miroirs. Il va reproduire les attitudes, les actions, les pensées, les paroles et les croyances de ses proches. Cela nous donne une grande responsabilité mais aussi un formidable outil à notre disposition pour faire grandir nos enfants dans un environnement porteur de sens et de valeurs. Parce qu’il imite ses proches, l’enfant va aussi s’approprier un grand nombre de connaissances et de pensées mais aussi de croyances, de peurs et de limites. Il les assimile comme un système de valeurs auquel il se réfère pour évoluer dans son environnement. À nous de faire attention aux messages que nous laissons passer jusqu’à nos enfants !

Quant à nous, éducateurs, nous transmettons beaucoup plus aux enfants qui nous sont confiés que ce que nous croyons. Nous leurs donnons nos connaissances et notre vision du monde. Nous leurs transmettons aussi nos croyances parce que c’est notre système de valeurs, celui que nous avons reçu de nos parents et auquel nous nous référons constamment. Mais nous ignorons que nous leurs transférons aussi beaucoup de freins : nos peurs et nos jugements vont limiter leur potentiels, leur couper les ailes. Dire à un enfant qu’il n’a pas les capacités de faire des études est une injustice faite à son intelligence et un conditionnement qui va favoriser sa paresse. Il peut rencontrer des difficultés mais il saura les surmonter si on lui montre qu’il peut puiser dans ses ressources internes et compter sur son intelligence entrainée. De plus, un enfant peut préférer le grand air à une pièce remplie de livres : notre société a autant besoin d’agriculteurs que d’instructeurs, de militaires que de juristes ! Nous n’avons pas le droit de les orienter vers telle ou telle voie professionnelle sous prétexte qu’elle nous convient mieux ou qu’elle est plus valorisante, aux yeux des autres, que celle choisie par notre enfant.

L’entrainement de notre esprit se fait tous les jours, sans exception. Il commence très tôt, dès que l’enfant est en mesure de s’exprimer, mais doit toujours rester sous le contrôle des parents. Il doit être diversifié pour éviter de tomber dans la routine et les habitudes. On peut comparer la routine et les habitudes récurrentes à un rythme hypnotique : on s’y laisse prendre et on perd sa capacité de décision. Il faut donc rester vigilant et multiplier les occasions pour s’entrainer. Les parents définissent le cadre et s’y tiennent, sinon l’entrainement perdra de sa force. Imaginez-vous comme un entraineur sportif ! Sauf que là, c’est votre cerveau et votre libre-arbitre que vous entrainez, ainsi que celui de votre enfant.

Il faut éduquer l’enfant au libre-arbitre et à la prise de décision pour éviter l’égarement de l’adulte de demain !

Publié par Camille de Cellès

Experte en Présentation orale et Mindset D.O.R.

2 commentaires sur « La détermination, un gouvernail entre nos mains ? »

  1. Très belle phrase de conclusion.
    MERCI à mes parents qui ont su, dès mon plus jeune âge, m’inculquer cette philosophie de vie.
    Celà m’a été grandement utile, et continue de l’être au quotidien, tant pour moi mais également pour les personnes et ami(e)s qui font appel à moi.

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