Confinement : un effet positif inattendu pour la santé et la famille

Depuis le 17 mars 2020, tout le monde (ou presque) est confiné.
La cause ? La pandémie mondiale du Covid-19.
Cela a provoqué beaucoup de changement dans la vie quotidienne. 
À la maison, dans un appartement, seul ou en famille, en ville ou à la campagne, tout le monde ne le vit pas de la même manière.

Quand on est une personne à risque, la vigilance doit être encore plus grande.

Interview d’Olivier C., Villepinte (proche de Carcassonne, Aude)

Olivier est chauffeur routier depuis 14 ans. Il écrit des ballades et des poèmes sur le thème de l’Occitanie du XIIe siècle. Il est passionné de reconstitution historique comme en témoignent ses actions en faveur du château de Saissac. Il a le verbe haut, un accent chantant et le tempérament du sud.

Mission Espoir : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Olivier : Je suis chauffeur routier. Je suis marié et j’ai 4 enfants dont 2 adolescents à charges. J’habite dans l’Aude, à Villepinte plus précisément, dans le Lauragais, en plein cœur du pays cathare. J’ai une maison de village avec une petite cour de 10m2. Je dispose également d’un champ de deux hectares, avec des chevaux, en dehors du village.

Rencontrez-vous des difficultés à vivre le confinement ?

Nous ne rencontrons pas de difficultés particulières à vivre le confinement. Au contraire, cela nous a permis de nous recentrer sur nous-mêmes, sur la cellule familiale et les amis proches. Nous avons élagué dans nos connaissances qui n’étaient pas des amis ou qui se pensaient nos amis alors que nous n’avions pas tant de points communs avec eux. Pour imager, de petit ours noir dans sa grotte au milieu du zoo, je suis devenu un gros grizzli en pleine nature qui défend son territoire.

Quels rituels avez-vous mis en place ?

Je suis en congé maladie forcé depuis le début du confinement, soit un mois et demi, parce que je suis considéré comme une personne à risque. Nous avons donc pris le rythme, naturellement, d’écouter notre horloge biologique et de vivre sans contraintes.

Le plus grand des bonheurs est l’absence de sonneries de réveil le matin.

Depuis que nous vivons à notre rythme, nous nous sommes aperçus de plusieurs effets positifs : nous récupérons plus vite des efforts physiques de la journée, nous avons beaucoup moins de fatigue et de douleurs, comme le mal au dos ou aux articulations. Nous avons pris conscience que ces douleurs étaient présentes tout au long de l’année et que nous étions stressés.

Finalement, j’ai l’impression d’avoir rajeuni de dix ans en un mois et demi.

Comment arrivez-vous à concilier occupations et confinement ?

Nous y arrivons sans aucun problème. Le matin, j’essaie d’écrire des ballades et des poèmes ou je prépare des conférences sur le monde cathare. L’après-midi, c’est direction le pré pour le « poupougnage » des chevaux.

Nous nous sommes rendu compte que la surconsommation est inutile. Nous avons commencé à faire un potager et cultiver nos propres légumes : tomates, oignons, courgettes, aubergines, poivrons, concombre, etc. La terre est agrémentée avec du fumier de cheval « maison ». De sur-consommateur lambda, je suis devenu Charles Ingalls de La Petite maison dans la prairie, et je coupe même du bois.

Les seuls nuages noirs du confinement sont les devoirs scolaires du plus jeune. Il est en 5ème, au collège, et n’aime pas du tout l’école. Je ne me croyais pas capable de perdre à ce point ma patience et mes moyens dans cette situation. Je le confesse, cela a été une épreuve autant pour mon fils que pour moi. Je me suis aperçu que l’enseignement est un métier dont nous, parents, n’avons ni les ficelles ni la patience.

Quelles mesures de protections avez-vous mis en place lorsque vous sortez ?

Pour les courses,  nous portons des masques et des gants de protections.

Comme je suis un farfelu, mon masque représente la mâchoire d’une tête de mort. Et les gens ne me regardent pas si bizarrement que ça, ou alors, ils n’osent pas … !

Quelle astuce / conseil / activité du jour voulez-vous partager avec la communauté ?

L’astuce que je souhaite partager est celle-ci : écouter son horloge biologique et ne rien s’imposer ; manger quand on a faim, boire quand on a soif et dormir quand on a sommeil.

Nous avons fait ça pendant un mois et demi, et c’est reposant. Il faut vraiment éviter d’aller à l’encontre de son corps.

Ça va être dur quand je vais reprendre le travail après la levée du confinement car je devrai me lever à 4h du matin pour commencer à 5h et prendre ma tournée sur Toulouse.

Photos : Image par Caro Sodar de Pixabay et photo personnelle d’Olivier (chevaux)

Publié par Camille de Cellès

Experte en Présentation orale et Mindset D.O.R.

2 commentaires sur « Confinement : un effet positif inattendu pour la santé et la famille »

  1. Bonjour Camille,
    Article lu ce matin avant d’aller sur mon chantier.
    Bel article. Style différent (en termes de diversité de témoignages) Parler vrai. Accessible à tous (identification par d’autres personnes).
    1 petite remarque orthographique : en fin d’article : Je devrai (et non devrais) : conditionnel futur.
    Bon week-end à  vous et à  Guillaume.

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